Chansons et autres petites contrariétés d'Aurillac sur Mer
L’enfance de Jean-Yves Rigaudiere s’est déroulée paisiblement dans les verts pâturages du Cantal. Une enfance tranquille. Cadet d’une famille sans histoire, si ce n’est que très tôt, il présente une forte propension à se faire remarquer « afin que son papa soit fier de lui », comme il l’expliquera dans l’une de ses chansons.

Pour commencer, il quitte les chemins balisés de l’école pour se frotter à « la Buissonnière ». Il conservera toujours ce goût pour les chemins de traverses plutôt que les sentiers battus. Un principe auquel il restera toujours fidèle dans son parcours musical.


Comme le dit la chanson, à 18 ans, il a quitté sa province.
« Monté à Paris » en bon auvergnat qui se respecte, il se passionne pour la boxe et les arts martiaux. Il passe des heures sur les rings, décroche son diplôme d’état et devient professeur de boxe française.

Mais en même temps, il découvre l’envers du décor et perd toutes ses illusions sur le sport avec un « S ». Plus tard, il écrira une chanson corrosive sur la pratique sportive dans sa ville. Des vérités qui ont du mal à passer. Ce qui lui vaudra quelques inimitiés... Mais la chanson rencontre un sacré écho, même chez certains sportifs.

Pour l’heure, laissons-là le chapitre du chanteur fâché avec tout le monde ou presque et revenons à ses débuts dans la chanson. A la même époque, la guitare le démange sérieusement. Après quelques essais devant le miroir, dans sa petite chambre de bonne, il décide de se lancer.

Sa scène de prédilection, c’est les rames de métro. Il y interprète les standards de la chanson dite à textes. Il délaisse les bars et se rode dans les crêperies parisiennes. Pas de troisième mi-temps autour d’une bière. Ses concerts se terminent souvent entre potes autour d’une crêpe au chocolat. Quand on dit qu’il ne fait rien comme tout le monde !

A Paris, il se lie aussi d’amitié avec des bretons à tous vents. Le hic, c’est que pour être intronisé dans cette confrérie d’amitié et de tranche incessante de rigolade, il faut venir d’une « ville sur mer ».
Qu’à cela ne tienne ! Ses amis rebaptisent sa ville : Aurillac sur Mer, et lui donnent sans le savoir, le nom de ses prochaines aventures.


Mais tous les bons temps ont une fin. La sirène du départ se fait entendre.

De retour dans le Cantal, comme facteur, il gratte la guitare avec Jean-Jacques Testut et Gérard Delos. Les deux compères l’invitent régulièrement dans leur tour de chant. Il fait alors la connaissance de Gérard Souchu, professeur de musique de son état. Ensemble, ils interprètent les refrains du patrimoine français. Jean-Yves vocalise et guitarise, Gérard l’accompagne à la basse.

Oui, mais une fois que l’on a porté les refrains de ses artistes préférés sur toutes les routes du Cantal, on commence à tourner un peu en rond. Jean-Yves Rigaudiere ne peut plus se contenter des créations des autres. D’autant que le monsieur écrit lui-même des textes. Des textes dont il fait des chansons, tour à tour, drôles, caustiques, tendres, nostalgiques. Ses couplets révèlent un joli brin d’écriture, insoupçonnable et insoupçonné par son entourage.

Désormais, il jouera ses propres compositions. Pour prendre la mesure des choses, il convoque famille, copains et copines dans un bar. Il leur chante ce qu’il vient d’écrire. Manifestement, cela plaît, les copains en redemandent encore et encore.

Jean-Yves et son camarade de scène créent alors un spectacle et enchaînent sur une tournée cantalo-cantalienne. Et là, ce qui devait arriver arriva. Les chansons font mouche et suscitent un véritable engouement de la part du public. Le succès dépasse leur espérance.

Aurillac, la capitale les réclame à son tour. Ils sont invités à se produire sur la scène du Centre des congrès, l’une des plus importantes salles de spectacle du département. C’est à ce moment qu’il prend la mesure des dégâts. Il est trop tard pour revenir en arrière. La machine s’est mise en route. La salle est archicomble les deux soirs. Ceux qui n’avaient pas réservé s’en sont mordu les doigts. Pendant plus de deux heures, Jean-Yves Rigaudiere se montre sous un jour qu’on ne lui connaissait pas. Avec son complice, il emmène le public en voyage à Aurillac-sur-Mer. Philippe Bitaud à la percussion rythme le spectacle et Alain Bruel, venu saluer ses amis, en profite pour faire le boeuf avec eux.

Entre temps, le premier CD du duo sorti au même moment, s’arrache comme des petits pains, à l’issue du concert. La presse du coin s’emballe pour ce jeune homme qui use et abuse de son talent d’écriture pour dire quelques vérités aux âmes bien pensantes du département.


Après ces premiers débuts plus qu’encourageants, Jean-Yves Rigaudiere poursuit son petit bonhomme de chemin musical. De la petite estrade « coincée entre le baby et le flipper » à la scène avec beaucoup de projecteurs, il enchaîne les prestations dans les salles cantaliennes, dont la première partie de Romain Didier au cours du festival « On connaît la chanson ».

En même temps, il s’attèle à l’écriture et la composition d’un deuxième album avec la complicité de Gérard Souchu. Parallèlement à cette vie de saltimbanque, Jean-Yves Rigaudiere se met à l’accordéon. En rêve, il s’imagine d’ici quatre ans, son accordéon sur le ventre entrain d’animer les petits bals de la région. L’heure n’est pas encore à cette reconversion. Bien qu’il vienne tout juste de débuter l’instrument, il se permet de narguer les anciens en composant trois jolies mélodies. La musique de l’accordéon donne une dimension encore plus poétique à ses trois chansons :
  • « la casquette à André » qui raconte une belle histoire d’amitié
  • « rêver d’océan » qui raconte une belle histoire d’Amour
  • « l’envers » qui raconte l’histoire d’une belle rencontre.
Le duo continue ses pérégrinations musicales. Le CD, deuxième du nom, sort en 2003. Le public est de nouveau au rendez-vous des deux concerts du Centre de congrès, programmés à la fin de l’année. Un recueil de textes sort en janvier 2004. On y trouve la plupart des textes qu’il a mis en musique. Après avoir tourné et tourné à tous les vents, nos deux complices s’accordent une pause. Jean-Yves Rigaudiere décide alors de tenter l’aventure en solo. Il monte un nouveau spectacle. Le parti pris est très intimiste. Il s’inscrit dans la pure tradition des chansonniers de cabaret. En mai 2004, il remporte le deuxième marathon de la chanson française à Vorey, sous la présidence d’Alain Vannaire. Juillet 2004, c’est la sortie d’un CD six titres avec des nouvelles chansons. Ce CD, où il s’accompagne seul à la guitare et à l’accordéon lance les nouvelles aventures d’un Aurillac sur Mer à découvrir.


Décembre 2007, seul sur scène pour un nouvel opus en public. Enregistré chez Henri, au Veinazes, sur une estrade qui l’a vu faire ses débuts, toute une histoire... Puis, c’est la rencontre avec Bertrand, un contrebassiste avec lequel il va faire toute sorte d’animations musicales. Et puis en 2010, c’est décidé, on repart faire un disque, mais pas qu’un cd, un vinyle, un 33tours. Il réunit tout plein de copains musiciens, poètes, raconteurs d’histoires, et vogue la galère : sortie prévue le 12 novembre 2011
A votre bon cœur mesdames et messieurs...